Les médias ne cessent de le répéter, la santé financière mondiale va mal dans sa globalité. Le chômage excelle les mauvais records auprès de toutes les catégories d’âge et ce dans de nombreux pays. Les moins lotis sont à l’heure actuelle la jeunesse européenne, aussi appelée génération “no future” par certains journalistes en accusant un chiffre fort: 22,7% des jeunes de moins de 25 ans sont au chômage dans l’UE (25,2% en France). Les Etats-Unis ne sont d’ailleurs pas épargnés et connaissent des records aussi en taux de chômage… Toutefois certains entrepreneurs cherchent des solutions sociales. C’est le cas notamment de David Girouard et d’autres anciens collègues de la firme Google qui ont mis en place l’été dernier une star-up au service des étudiants sur la base du crowdfunding: Upstarts
C’est quoi le « crowdfunding » ?
Par définition il s’agit d’un système de financement alternatif qui se base sur un cumul d’investissements (plus ou moins gros) par le biais de personnes lambda (internautes, contacts pros, amis, entreprises…).
En bon francophone on parle de “financement collectif” ou “financement par la foule”, voire même du néologisme “sociofinancement”.
L’exemple le plus célèbre reste celui de la production musicale avec “My Major Compagny” qui a révélé certains artistes comme Grégoire ou même Irma.
D’ailleurs il faut savoir que le processus s’est petit à petit démocratisé et se retrouve dans différents domaines d’activités en passant du sport (http://sportfunder.com/), au cinéma (http://www.movies-angels.com/http://www.peopleforcinema.com/ …) ou même dans notre cas de figure les projets d’étudiants…
Le cadre de référence de Upstarts
Le concept est très simple et se caractérise par des investissements qui permettront de financer des projets de jeunes étudiants talentueux. Naturellement il peut s’agir du financement des études, accéder à une expérience professionnelle, mais surtout lancer des projets de start-up !
Ainsi, la version bêta du site internet facilite la mise en relation de jeunes diplômés avec des investisseurs potentiels. En effet, les banques ou autres investisseurs sont de plus en plus frileux dans ce contexte économique et préfèrent investir dans des affaires déjà rentables ou au business model très bien ficelé. Upstarts est donc du pain béni dans ce contexte peu favorables aux jeunes diplômés qui sont en quête de capital d’amorçage…
Premiers bilans et caractéristiques techniques
Lancé en août dernier, le concept a déjà séduit 22 étudiants aux Etats-Unis et 30 universités américaines (dont Havard et Princeton) qui sont désormais en partenariats avec l’outil web.
Le processus est similaire à un réseau social où les diplômés se créent un profil, décrivent leur parcours universitaire façon CV sous forme de timeline Facebook (diplômes, réussites perso/scolaire, faits majeurs, hobbies, lettre de motivation…), leur projet professionnel et indiquent les critères nécessaires au développement du programme.
Pour ces jeunes diplômés c’est un coup de pouce primordial dans leurs carrières professionnelles. Nathan Sharp explique entre autre qu’il aurait perdu 2 ou 3 ans à défendre son projet alors que c’était beaucou plus simple avec Upstarts. C’est à la fois un gain de temps mais aussi un dépense d’énergie en moins et donc focaliser ses efforts dans la réalisation et la planification de son projet.
Mélanie Plageman quant à elle voulait créer un système pour distribuer et monétiser des applications et des services web au Kenya. L’idée qu’elle avait sur le papier s’est concrétisée par la suite grâce à l’aide de Upstarts et elle a pu mener à bien son projet à Nairobi.
Système économique
L’investissement s’élève entre 20,000$ et 50,000$ (soit environ 16 000 € et 40 000 €) et le candidat bénéficiaire devra rembourser la somme investie pendant les 10 ou 15 premières années de sa carrière sans avoir l’obligation de reverser l’intégralité de l’avance.
Bien entendu tout cela est réglementé à travers un contrat et concerne aussi le retour sur investissement du “backer” qui balance entre 1 et 7% maximum des revenus.
De surcroît le remboursement n’est possible qu’à partir du moment où le projet est bénéficiaire de 30,000 $ (23 600 €) et il peut même s’agencer en fonction du salaire. Le paiement se concrétise sous la forme de mensualités qui ne peuvent aller au delà de 7% du bénéfice annuel du projet.
A noter que le SEC (Securities and Exchange Commission) contraint la provenance du capital à un investisseur gagnant plus de 200 000 euros annuels de revenus (contrainte provenant des).
Naturellement, Upstart a mis en place un business model rentable et s’accorde 3% au créditeur et 0,5% au débiteur sur la mise de départ.
A l’heure actuelle l’outil est sous forme bêta et se consacre uniquement au territoire américain avec des projets très ambitieux. Toutefois il ne serait pas surprenant que le procédé se démocratise en termes d’accès géographiques et humain. Le système a vraisemblablement un impact socio-économique et pourrait très bien poser ses valises en Europe…
Matthieu
Matthieu Dixte
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