Fadhila Brahimi: Entre Coopétition et gestion de l'echec
Afin de fêter le succès de « Moi 2.0 : Devenez l’entrepreneur de votre vie, nous avons le plaisir de recevoir Fadhila Brahimi, une personne complète;)
Sandrine Serre : Bonjour Fadhila, Quel lien pragmatique fais-tu entre la mutation du travail et les réseaux sociaux ?
FB : Pour moi les réseaux sociaux permettent de décloisonner ce que l’entreprise avait plus ou moins séparé dans des fiches métiers, dans une hiérarchie, dans les définitions de postes et taches…Ce décloisonnement nous amène de nouvelles questions : quelle type de structure peut répondre à ce mode de fonctionnement, quel type d’organisation choisir car cette nouvelle donne a modifié les comportements. L’exemple type est le management qui a souvent fonctionné en mode Crozier : « A du pouvoir celui qui détient l’information car il domine une zone d’incertitude». Je pense que cette citation est inversée sur les réseaux sociaux car on a du pouvoir car on partage cette information !
On se rend compte que les outils ne sont qu’un prétexte. Ils permettent d’accéder à une nouvelle forme de liberté. C’est donc le moment pour ceux pour qui la page blanche est une aubaine.
Les Réseaux Sociaux sont-ils le miroir entre responsabilité individuelle et science sociale ?
Contrairement à ce qu’on pourrait penser, je pense qu’on parle beaucoup d’individus aujourd’hui sur la notion de place. C’est à dire quelle place je prends en tant qu’individus dans cette société et surtout quelle place j’ai envie de prendre. En même temps on n’a jamais autant parlé de collectif. Le moi existe parce que l’autre est la ; le collectif aussi. Via le collectif je prends encore plus conscience des différences. L’étranger me parait très proche alors que mon voisin me parait étranger !
Parfois les medias sociaux permettent de rapprocher des cultures et des façons de penser qui sont plus éloignées que celles qui nous entourent. On peut alors parler de conscience collective.
La volonté de partage est-elle donc foncièrement pour le bien collectif ?
Je vais alors parler de "coopétition" ! C’est le mélange de compétition et de collaboration. Parmi les grandes questions de l’existence il y a ce besoin de friction : j’ai besoin de savoir qui je suis pour prendre ma place. J’existe au travers du miroir de l’autre. En même temps j’ai besoin d’appartenir à un groupe pour me sentir vivant. Le web est un bon reflet de cette complexité. Besoin d’exprimer des egos, mais aussi le besoin d’être connecté aux autres pour s’affirmer. Il y a donc un jeu de compétition et collaboration.
Comment positionnes-tu la France dans la donne Web 2.0 ?
La France est bien positionnée en termes de créativité. Notre rapport à l’entreprenariat est peut-être notre faiblesse. Ce rapport français à la réussite et à l’échec qui nous empêche de vivre bien l’entreprenariat. L’affrontement de l’échec par exemple n’est pas enseigné : on ne dit pas « j’ai échoué ».. ; c’est une honte qu’on ne partage pas…mais la réussite non plus on ne la partage pas !
J'ai donc l’impression qu’on véhicule le culte du « moyen » ou du « caché »
Retrouvez cette interview en intégrale en video.


Commentaires
interview très intéressante.
Bravo à Sandrine
babeth
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